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29/11/2011

L'après New-York

J'ai fini mon CR il y a tout juste quelques heures, et même si la course est finie depuis déjà trois semaines, quelques images restent encore très présentes à mon esprit (et ce ne doit pas être qu'à cause d'une vue aérienne du parcours affiché au dessus de mon bureau!).

La première c'est sur le lendemain du marathon :

  • les yeux pétillants des coureurs au petit déjeuner. Les plus fiers n'étant pas forcément ceux qui sont descendus avec leur médaille autour du cou...
  • les gens dans les rues avec leur démarche de cow-boy, leur médaille et ... leur sourire béat.
  • les sourires et regards entendus avec ces mêmes personnes. On ne se connaît pas, on ne s'est jamais vu, on ne se reverra peut être jamais, mais là, on a vécu la même chose. Qui ne se raconte pas, ou si difficilement. Alors un regard, un sourire, un petit "congratulations" et tout est fait et dit. "I'm in", c'était le slogan de la course. Oui, "We were in", c'est que l'on se dit entre nous.
  • les américains qui nous arrêtent et nous félicitent (mention spéciale pour la mamie dans la station de métro et le douanier lors du départ).

La deuxième c'est sur la vision du marathonien aux Etats-Unis. Toujours, on a été félicité. Toujours, on nous a demandé si on avait fini. Jamais, on nous a demandé notre temps. Jamais. Quel contraste avec la mentalité européenne! Et même si j'étais en fin de peloton, je n'ai pas eu l'impression que les encouragements étaient moins importants ou le public moins nombreux. Un peu comme si les américains reconnaissaient l'effort et pas la performance (ce qui, quand on connaît leur amour pour le haut niveau, peut aussi paraître incompatible). En France, quand on fait un marathon en plus de 3h, on est déjà qualifié de joggeur. Et quand on marche pendant la course, c'est à peine si on a le droit de se qualifier de marathonien... Et puis comme le disait de nombreuses pancartes : "Chuck Norris never ran a marathon. You are doing it".

Le troisième point, c'est le slogan sur une affiche (judicieusement tenue par un spectateur vers le 30ème km, comme par hasard) dont je voudrais toujours me souvenir pour mes prochaines courses à chaque fois que je serai dans un moment de galère où plus rien ne va :

"Each wall has a door. Find it!!"

Alors, j'ai mis un petit moment à la trouver, cette fichue porte, mais finalement je l'ai trouvée, ouverte et passée...

331 Sable We love NYC marathon.JPG

Depuis mon retour en France, j'ai déjà recouru. Je n'ai pas eu cette sensation de vide comme je l'avais eu à la fin de mon premier marathon. J'ai fait une petite sortie la semaine suivante. Deux encore la semaine d'après, et puis 3 la semaine dernière. Cela me fait tout bizarre de faire des sorties de moins d'une heure, et encore plus bizarre de m'autoriser à aller vite (enfin mon vite à moi!). Mais bon, recourir vite, c'est pas facile et le coeur, il cogne drôlement... Hier, j'ai eu du mal à finir mes séries ... mais... mais ... Each wall has a door ... et la suite on la connaît.

28/11/2011

Marathon de New-York

Et tiens, et si pour une fois , je commençais par le résumé de la course. Ce serait plus facile à retenir!

Alors cela donne :

1er semi : facile ; 25ème km : crampes ; 25 à 29km : alternance course/marche/étirement ; 29 à 38km : marche non-stop ; 38 à 42.2km : course.

 

Maintenant, que c'est dit, je peux aussi faire la version longue!

Cette histoire de marathon commence dès notre arrivée dans la ville. Partout, on voit des affiches. La ville se prépare!

017 Affiche marathon.JPG  295 Affiche marathon.JPG178 Affiche marathon.JPG  177 Affiche marathon.JPG

Lors du retrait des dossards, le vendredi, on se rend compte que c'est une grosse organisation bien rodée. Aucun hasard n'est laissé: il faut montrer patte-blanche pour rentrer, tout de suite on arrive au retrait des dossards, puis on est dirigé vers un autre stand pour recevoir le tee-shirt, le sac qui nous servira de consigne le jour de la course et plein d'articles publicitaires. Ensuite, le circuit naturel fait que l'on passe par un endroit 'photo' avec plein d'occasions : devant le parcours, devant une affiche, .... Ensuite c'est passage dans la boutique marathon et pour finir devant les stands des différents exposants. Il y a un monde fou partout. Tellement qu'on choisit de ne pas trop s'éterniser.

Le vendredi soir, c'est la parade des nations dans Central Park, au niveau de la ligne d'arrivée. Après de beaux discours des personnalités locales, chaque pays défile derrière un porte drapeau. La France est le pays le plus représenté, mais ce ne sont pas eux qui laissent la meilleure impression. Les 'mangas'/'sushis' japonais ou les brésiliens mettent beaucoup plus d'ambiance. Ce défilé des différents pays se termine par le même défilé mais des favoris dans les différentes catégories (pour une fois que je peux voir les 1ers des course!). Et pour clôturer le tout, on a le droit à un feu d'artifices au dessus de Central Park.

294 Delphine devant drapeau français.JPG

On est frigorifié, mais fier de poser!

Le samedi, on choisit de ne pas aller à la pasta party. Il faut respecter les horaires et on n'a pas les mêmes, Chéri et moi, et franchement qui serait intéressé par un échange pour aller manger des pâtes à 16h30, je vous le demande bien. Alors, on se fait une pasta party en duo. Enfin, on a essayé. Et on a raté. En adepte du principe, 'la veille du marathon, on n'en fait pas trop', on était rentré se poser tranquillement à l'hôtel en fin d'après-midi. En en ressortant, on avait l'impression qu'une tempête était passée dans la rue. Il y avait de la simili neige partout, les drapeaux devant Wall Street était déchirés, ... en fait, il y avait eu un tournage dans le quartier et tout avait été bloqué. Quand je dis tout, c'est tout. Plus aucun moyen d'atteindre les stations de métro, elles étaient toutes fermées. De grilles fermées en grilles fermées, je voyais l'heure passer et rien dans mon assiette. Déjà en temps normal, cela peut me fâcher, mais une veille de marathon, j'avoue que là, j'étais pas loin de l'explosion. Surtout qu'avec tout ça on continuait d'avancer, vers je ne sais où sans aucune certitude de ce que l'on trouverait. Et que l'on ne devait pas être les seuls dans ce cas. Et qu'un samedi soir, les New-Yorkais, ils sortent. Au resto notamment. Alors quand dans une petite rue, on a vu un panneau 'pasta', on ne s'est pas trop posé de questions et on est rentré. Mais de pasta, rien, que dalle. Uniquement des pizzas. Ce n'est pas forcément l'idéal, mais entre une pizza assurée et de très hypothétiques pâtes, le choix a été vite fait. Donc pizza!

L'estomac plein, j'ai passé une bonne nuit. Il paraît quand même que j'ai dû faire une bonne partie du parcours durant la nuit, mais bon, j'ai bien dormi. Et heureusement, parce que le réveil à 5h, c'est rude. Mais sur cette affaire là, il n'y a pas trop d'autre choix : le pont d'accès à l'île du départ est fermé à 7h, alors c'est tout le monde dans le car pour 6h. L'hôtel nous a préparé un petit dej' à emporter : un grand n'importe quoi pour une avant-marathon (une bouteille d'eau, une bouteille de jus d'orange, un croissant et une banane). Mais c'est quoi ce petit dej'? Je pars pour 42km, pas pour une petite balade de santé...

Le car nous a déposé au niveau de départ vers 7h30. Chéri part dans 2h, il doit être dans son sas dans 1h30. Tout s'enchaîne et finalement assez vite. Surtout que le soleil est là, même s'il ne fait pas très chaud, quoique pour un mois Novembre, c'est très bien. Le temps d'une photo, d'un bagel, d'un tour de reconnaissance, de quelques chansons d'un groupe de rock local et ... il est déjà temps de se séparer.

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Chéri part dans la première vague à 9h40, moi dans la troisième à 10h40 (en tout il y en aura trois).

Chaque vague est divisée en trois couleurs : les verts (dont moi) partiront sur le tablier inférieur du pont Verrazano, les bleus et les orange du dessus, chacun d'un côté de la route.

Et dans chaque couleur, c'est encore divisé en corral. Au final chaque corral est formé de gens ayant annoncé une performance équivalente, pas de piétinement au départ, pas de bousculade. Une super bonne organisation, quoi!

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Les trois départs

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Les trois vagues avant regroupement

En partant dans la troisième vague, c'est comme si j'avais vécu trois départs. Pour le premier, je suis dans l'aire dédiée 'aux verts' au pied du pont. Et bien que je n'entende pas tout, je saisis quelques bribes de Sinatra, et surtout, j'entends les cris des premiers qui s'élancent et vois même ceux proches du bord du pont. Voilà, c'est parti. Chéri est parti, à lui de jouer, on y est...

Pour la deuxième vague, je suis en train de me diriger vers mon corral, et c'est sur écran géant que je la vois s'élancer. Et là plus de doutes, ce ne sont pas des bribes de Sinatra que j'entend, c'est toute la chanson et en boucle le temps que la deuxième vague en entier s'élance.

Et pour le troisième départ, et bien... je suis dedans. C'est encore une autre histoire là... Corral 63. Un peu devant moi, il y a un meneur d'allure 5h. Pas très loin à côté, une meneuse d'allure 5h15. Je n'ai pas de tactique, je ne sais pas trop comment faire. La meneuse d'allure a l'air sympa, elle s'est présenté, expliqué ce qu'elle allait faire. Finalement, je me décide à rester avec elle. Si je fais 5h15, je serai aux anges. Alors, j'espère que ce petit bout de femme deviendra ma meilleure amie pour les 5h et quelques à venir. Alors la tactique, c'est de faire du 12' au mile, 11' en courant / 1' en marchant. J'ai jamais testé cette méthode, je marche souvent en course, mais jamais parce que je l'ai choisi, toujours parce que je n'en peux plus. On va bien voir ce que cela donne.

A 10h40, c'est parti pour du Sinatra en boucle, c'est le départ. C'est mon départ, c'est magique. Je cours sur le bord de la chaussée, Sinatra dans une oreille, les coureurs dans l'autre, les yeux sur Manhattan au loin. Cela monte sur le pont, ah bon? Rien vu, rien senti. De toutes façons, j'ai choisi, je reste avec Sarah. Au bout d'un mile comme prévu, on marche une minute puis on repart. Elle est marrante Sarah, elle est toute petite et sa voix aussi est toute petite. Alors elle crie pour se faire entendre et elle lève ses ballons bien haut pour que ceux qui ne l'entendent pas, puissent au moins la voir. A chaque fois qu'il y a un changement de rythme, elle fait le décompte : five, four, three, two, one... Et puis elle fait aussi les guides touristiques, enfin un peu, car avec sa petite voix, elle a du mal à dominer la situation des fois. Mais Sarah, elle me plaît bien. Et puis, avec elle je courre régulièrement et sans effort. Et même si des fois, j'ai des velléités d'aller plus vite quand je m'oublie, j'essaie de garder un oeil derrière moi pour suivre son rythme.

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Sarah et son groupe 5h15 (elle en blanc sous ses ballons verts, moi plein centre juste sur le b)

Le pont, comme je l'ai déjà dit, je l'ai pas senti passer. Un mélange à la fois d'excitation, d'envie d'en découdre, de fraîcheur et de quoi que ce soit d'autre mais cette difficulté qui est la principale en dénivelé de la course passe comme une lettre à la poste. Sur ce pont, on est entre coureurs, entre nous. Le temps de rentrer dans Brooklyn, et ce n'est déjà plus le cas : il y a du monde partout qui encourage. Cela en est étourdissant (et encore, on a pas tout vu)! A tel point qu'à un moment, je me suis dit que je ne pourrais plus jamais faire de courses en France, car elles me sembleront ternes par rapport à ce que j'étais en train de vivre.

On passe au 10ème kilomètre en 1h13, c'est lent, mais Sarah respecte bien son tableau de marche et moi avec elle. Tous les miles, il y a un ravitaillement et tous les miles on s'arrête. A chaque fois, je bois un peu, comme Sarah le dit...

Dans les miles qui suivent, j'ai les jambes qui me démangent. Inconsciemment, j'accélère un peu. Pas beaucoup, mais un peu (je me suis entraînée à un rythme plus élevé). Je me retourne souvent, parce qu'il est aussi clair que je ne me suis jamais sentie aussi bien en course, j'évite de trop prendre d'avance. Et je marche tous les miles, un peu plus qu'une minute en attendant que Sarah (et son groupe) me récupère. Durant ces périodes où je suis un peu devant en éclaireuse (pas plus de 50m, je ne prend pas non plus une avance mortelle), j'en profite à fond. Les coureurs sont moins nombreux et avec mon France écrit sur mon tee-shirt, je prend un tas d'encouragements de tous les côtés. Je tape aussi un nombre incroyable de mains.

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Dans les moments où je me dis que je ne pourrais pas continuer jusqu'à la fin comme ça, qu'il faut que je me calme, je n'ai pas d'autre solution que d'aller sur le milieu de la chaussée pour me reconcentrer un peu. Il y a des supporters, des encouragements, de la musique et une ambiance incroyable qui font que je ne peux pas résister longtemps et que le bord de chaussée m'attire comme un aimant.

Le passage au semi se fait en 2h37. A ce moment là, Sarah, nous dit que l'on a 40" d'avance sur notre objectif. Bravo Sarah, c'est toi la meilleure! Moi, je vais toujours bien, j'ai un peu les jambes qui piquent maintenant. Les démangeaisons sont passées, elles piquent. D'un autre côté, je viens quand même de faire 21km et je n'ai jamais été aussi en forme après une telle distance.

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Au passage du semi (je suis sous le chronomètre de droite, Sarah & co doivent être un peu devant).

Au passage du semi, je crois que je fais une erreur. Depuis le début, je papillone de droite et de gauche (je ne zig-zague pas, mais il y a tellement de choses à voir que je ne suis pas toujours attentive), et là, je rate le redémarrage de Sarah. Quand je m'en rends compte, je dois avoir une centaine de mètres dans la vue. Ce n'est pas vraiment catastrophique, surtout que je ne vais pas mal. Je ne m'affole pas, je me contente juste de repartir en me disant que je profiterai du prochain arrêt pour rattraper le groupe. Effectivement, c'est ce qui se passe, je zappe donc une pause. Est ce que cela explique la suite? Peut être ou pas, difficile de savoir.

Vient ensuite le Queensborro Bridge. Ce pont dans l'absolu, il n'est pas très difficile. La montée n'est pas pentue mais longue et à ce moment là, on a déjà un paquet de km dans les jambes. C'est aussi un moment plus intimiste: il n'y a pas de spectateur et les seuls bruits sont ceux des respirations et des foulées sur le bitume. Pour cette montée, je me suis reconcentrée en regardant devant moi mes accolytes d'allure pour ne pas les laisser. Sarah a ralenti un peu et tout le monde la suit. Je suis tellement concentrée sur ce fameux pont et sa réputation de casse-pattes qu'il faudra que je vois des gens s'arrêter pour prendre des photos pour que je me rende compte que le panorama est tout simplement à tomber par terre.

Finalement, la montée passe sans trop de bobo, j'ai les jambes qui piquent toujours, mais je l'ai faite sans marcher. Et puis, vient la descente.

Et puis arrivent les crampes. Là, d'un seul coup, sans vraiment prévenir autrement que le picotement que j'avais depuis quelques km et qui était très largement supportable. La descente est assez raide, beaucoup plus raide que la montée. Et je suis obligée de marcher. Dans une descente. Alors que j'ai fait la montée en courant. Même en marchant, j'ai l'impression que mes quadriceps veulent rester en position contractée. Je dois laisser partir Sarah... et beaucoup d'illusions avec. La route est encore longue (il reste 17km encore).

Je m'arrête pour la première fois pour m'étirer. Il y a des toilettes aussi à proximité, j'en profite aussi depuis le temps qu'il fallait que je le fasse. A cet endroit de la course, on revient dans Manhattan, il y a plein de monde et j'ai tout simplement envie de creuser un trou de me mettre dedans et de reboucher. Mais bon, j'en ai déjà fait un de marathon, je peux le faire, je le sais, alors je continue. J'essaie tant bien que mal de repartir en courant en me disant que je vais essayer d'appliquer la méthode de Sarah. Seulement, je n'ai pas de chrono avec moi, j'ai les cuisses qui ne répondent plus. Alors pendant quelques km, j'essaie mais n'y arrive pas trop. J'alterne la course, la marche, les étirements. A chaque ravitaillement, je bois un peu d'eau, un peu de Gatorade, je mange un peu aussi.

Finalement au bout de 4km à ce rythme, je me dis qu'il faut mieux que je laisse tomber la course et que je continue d'avancer. Même en marchant. C'est pas très grave. Je me résigne même à tout faire en marchant, c'est pour dire. J'envoie un SMS à Chéri qui doit être arrivé, j'aimerai bien le voir, il a juste Central Park à traverser, mais non, soit il ne comprend pas, soit il est trop fatigué pour venir.

Et il y a toujours autant de monde, c'est dingue. Je ne sais pas depuis combien de temps ils sont là sur le bord de la route, mais ils y sont encore, toujours enthousiastes à encourager tout le monde. Moi, j'ai un peu honte de marcher alors je le fais au milieu de la chaussée, loin de tous. J'ai un peu honte, mais je suis aussi super contente d'être là. Enfin, c'est bizarre comme sensation, et c'est loin d'être totalement négatif. Je profite à fond aussi de cette période, même du milieu de ma chaussée pour regarder les autres. De toutes façons, plus ça va, plus il y a de gens qui marchent. J'assiste à de grandes retrouvailles sur le bord de la route de gens venus encourager leur champion qui est en train de courir le marathon de New York. Pourtant, ils sont comme moi, en mauvais état à ce moment là, mais leur joie d'avoir embrassé leur proche leur fait un effet fou et à moi aussi en conséquence.

Finalement, à force de petits pas, la fin s'approche quand même. Les cuisses tirent moins. J'arrive à me convaincre que recourir doit être possible. Et je me fixe comme objectif de terminer en courant. Je me rappelle toutes ces sorties longues où je me forçais à aller au bout en me motivant à grands coups de 'tu veux marcher dans la dernière ligne droite? Non! Alors tu finis ta séance!!'. Et ainsi, je rentre dans Central Park en courant, il reste 4km. C'est rien, mais c'est aussi énorme. Je me surprend à avoir de bonnes sensations, je me trouve même les jambes légères. C'est dire. Et je coure!

La première partie dans Central Park est assez chahutée, ce n'est pas vraiment plat, ni en ligne droite comme avant. Beaucoup de personnes marchent. Et moi, je coure! C'est assez grisant de recourir et de dépasser des gens. Je ne m'arrêterai qu'une fois pour embrasser une dame qui dit que c'est son anniversaire et qu'elle veut être embrassée ('I love sweaty French girl' seront ces mots de remerciements. Humm, comment je dois le prendre?).

La deuxième partie, en extrémité du parc est encore une fois à tomber par terre au niveau ambiance. On se croirait sur une étape du tour de France au sommet d'un col. Il y a du monde, du bruit, de l'ambiance... On tend une fois la main pour taper dans une autre et tout de suite des dizaines d'autres se tendent. Là, je n'ai plus du tout envie de courir au milieu de la route. Je suis en train de courir mes km les plus rapides du marathon, je suis complètement ... ailleurs, dans un état totalement second.

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Et puis la fin arrive vite. A force de taper dans des mains, à regarder à droite et à gauche, les kilomètres ne pèsent plus sur les jambes. A la limite, c'est dommage, j'aurais pu en faire quelques autres en courant...

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Je ne suis pas satisfaite de mon temps, mais tellement satisfaite de la course que tout le reste m'importe peu.

Après avoir franchi la ligne d'arrivée, on me donne ma médaille et j'ai le droit à mon premier lot de "congratulations". Je passe ensuite à l'arrêt photographe pour une chouette photo officielle.

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Ensuite, il faut terminer le circuit obligé : couverture de survie, sac finisher avec de quoi boire/manger, récupération des affaires personnelles... C'est lent, c'est long, il y a du monde et rester debout me deviens d'un seul coup très pénible. J'ai la désagréable impression que mes jambes veulent passer au travers de mes pieds tellement ils me font mal....

Mais à côté de ça, l'organisation de la course est encore géniale, les "congratulations" pleuvent de partout.

Finalement, j'arrive à m'extirper de tout ça, à retrouver Chéri qui aura été trèèès patient et qui est tout aussi content que moi de la course (et qui se fout aussi royalement que moi de son temps).

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Nos premiers mots échangés sont simples : Quand est ce que l'on revient?

 

Oui, c'est vrai, quand est ce que l'on y retourne?

 

17/11/2011

A pied dans New York...

C'est avec beaucoup de retard que je m'attaque -enfin- à la première partie de CR racontant mon séjour New-Yorkais. Je vais commencer facile par la période de vacances, la course viendra après. C'est que c'est beaucoup moins aisé à raconter tellement il y a de choses à en dire!

MARDI :

Arrivée à l'aéroport de Newark sans aucun problème : la neige tombée sur la région le dimanche précédent est à peine visible et ne traduit en rien les images d'apocalypse qui nous ont fait trembler à quelques heures du départ.

A notre débarquement, le Tour Operator nous prend en charge et c'est en car que nous rejoignons notre hôtel (après moults détours et un passage par un hôtel qui n'était finalement pas le notre). Pour se dérouiller les jambes, nous partons en exploration de notre quartier : Ground Zero, Woolworth Building, City Hall et une moitié de la traversée du pont de Brooklyn. Ce sera bien suffisant pour un premier jour. Surtout qu'il y a de quoi attraper un torticolis : on est en plein quartier des buildings et je vous assure que la ville porte bien son surnom de 'ville verticale'.

044 Pont de Brooklyn.JPG  050 Woolworth building.JPG  053 Ecureuil Park city.JPG

Brookling bridge, Woolwoth building et ... écureil!

MERCREDI :

Le lendemain on est réveillé à l'aube et au petit dej', nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls à ne pas avoir intégré le décalage horaire. Pour la journée, c'est visite de Philadelphie avec le TO. C'est assez décevant comme visite, trop d'heures de car par rapport à ce que l'on a finalement vu.

072 Philadelphie cloche de la liberté.JPG

  096 Philadelphie.JPG  090 Philadelphie statue de Rocky.JPG

Liberty Bell, Marches de Rocky (III, je crois) et Rocky!

Comme on est un peu frusté de cette journée, Chéri et moi décidons de profiter d'un arrêt en centre ville pour se faire une petite promenade, et pas des moindres : une petite descente de Broadway pour rentrer à l'hotel. Classe, non? Juste avant, on se fait une petite montée (en ascenceur quand même) à l'Empire State Building. De nuit, la vue est tout simplement magnifique!

125 Vue depuis Empire State Building.JPG  129 Vue depuis Empire State Building.JPG

Vues depuis le sommet de l'Empire State Building

JEUDI :

Cette troisième journée passe par l'obtention d'un précieux sésame pour la suite de notre séjour : notre Metrocard chérie qui nous épargnera quand même un peu les pieds!

Ce matin, on reste sur l'ile de Manhattan,mais on va plein nord en direction de Harlem. Loin des clichés, Harlem est un quartier qui a l'air bien sympathique, tout comme ses habitants qui n'hésitent pas à dire bonjour ou à vous remercier de vous être arrêtés pour laisser sortir un camion de gravats (avec un 'Have a good day' en prime!).

141 Harlem.JPG  207 Salle de jazz à Harlem.JPG

Dans Harlem

L'après-midi, on se dit qu'un peu de culture à l'état brut serait bien : direction le musée Guggenheim. Dommage, il est fermé le jeudi. On traverse donc Central Park pour se rendre à la place au Musée d'Histoire Naturelle (restant indissociable maintenant à jamais dans mon esprit du film "Une nuit au musée" avec Ben Stiller).

157 Musée Guggenheim.JPG  172 Musée d'Histoire naturelle.JPG  167 Musée d'Histoire naturelle.JPG

Guggenheim (de dehors), un dinosaure, la Marche des éléphants

Et pour finir, on va à Times Square sur Broadway. Là, c'est l'étourdissement complet : le bruit, les gens, les affiches, les bandeaux lumineux, le Naked Cowboy et j'en passe. On en prend plein les yeux et les oreilles. Si on est arrivé là, ce n'est pas par hasard, ce soir on sort! On a comédie musicale! Notre choix se porte sur Mamma Mia (à défaut de tout comprendre, on pourra au moins chanter!).

179 Times Square.JPG  181 Times Square.JPG  194 Times Square.JPG

Times Square

VENDREDI :

Une visite de Manhattan est organisée par le TO. On part en car de l'hôtel, notre premier (et unique arrêt vue la circulation) est pour Ground Zero. On est emmené dans un jardin d'hiver pour prendre un peu de hauteur afin de voir les lieux. Mais au final, on ne voit pas grand chose d'autre qu'un immense chantier (6 nouvelles tours vont être reconstruites sur le site).

199 Jardin d'hiver Ground Zero.JPG  200 Ground Zero.JPG  220 Flatiron building.JPG

Jardin d'hiver, Chantier Ground Zéro, Flatiron Building

Ensuite, on part en bus direction Harlem (de nouveau), puis ensuite une virée sur la 5ème Avenue, la Mecque du shopping! On sera laché au Jacob Javits Center pour récupérer nos dossards.

==> Voir note suivante sur le marathon

On poursuit à pied et en métro : la gare centrale, l'ONU, un goûter (parce qu'on l'a bien mérité, notre bagel), la cathédrale St Patrick, le Rockfeller Center, Chrisler Building avant de finir par Central Park pour la parade des nations du marathon.

==> Voir note suivante sur le marathon

 246 Chrysler building.JPG  248 Bagels.JPG  255 Cathédrale Saint Patrick.JPG  265 Patinoire place Rockfeller.JPG  262 Statue Rockfeller center.JPG

Chrysler Building, Bagel, Cathédrale St Patrick, Patinoire Rockfeller, devant le Rockfeller

SAMEDI :

Tranquille, aujourd'hui, c'est le mot d'ordre. Difficile d'estimer le kilométrage jusque là, mais tous les soirs, nos pieds étaient douloureux et le sommeil facile à trouver.

On décide donc de faire un aller-retour sur le ferry pour Staten Island afin de se rapprocher de la Statue de la Liberté pour faire des photos de la dame (elle est en travaux et fermée. Après ne pas avoir vu la petite sirène à Copenhague pour mon premier marathon, je ne monterai pas dans la Statue de la Liberté pour mon deuxième...).

Pour la deuxième partie de la journée, on part dans Brooklyn au terminus des lignes de métro pour un tour sur la plage de Conney Island. C'est un changement complet d'atmosphère : il fait limite chaud, la mer est là, la plage de sable fin est déserte, le parc d'attractions avec ses manèges d'une autre époque donne une impression irréelle de retour en arrière. Et puis, c'est calme...

322 Manhattan.JPG  323 Record de Nathan's hotdogs.JPG  335 Montganes russes Coney Island.JPG  326 Plage de Coney Island.JPG

Manhattan depuis Ferry, Record de mangeur de Hot Dog (68 en 1'!), Parc d'attraction, Plage de Conney Island

DIMANCHE :

==> Voir note suivante sur le marathon

 

475 Dossards Finisher.JPG

LUNDI :

Aujourd'hui aussi, on reste calme. On commence quand même par se rendre à Central Park à la boutique du marathon, mais vu le monde, on passe notre chemin qui nous emmène ensuite pour une petite ballade dans Central Park puis dans quelques magasins pour du shopping : le Nikestore (d'où l'on repartira bredouille), une jeannerie (d'où l'on ressortira en se disant qu'en France c'est du vol : 38 et 40$ les Levis, qui dit mieux?) et un grand magasin de sport (avec l'achat d'une paire de running d'un modèle bien classique mais aussi bien flashy et d'une jupette (j'ai craqué!)).

On termine l'après-midi avec un nouveau tour sur l'eau pour prendre de nouvelles photos.

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Central Park, Statue de la Liberté, Manhattan

MARDI :

Déjà notre dernier jour sur place. On est revenu dans un état quasi normal de condition physique, on peut reprendre nos marches. Aujourd'hui, on se dirige vers Brooklyn, juste de l'autre côté du pont pour une promenade sur Brooklyn Heights.

L'après-midi se passe en flanerie, le nez en l'air en enchaînant les quartiers : China Town, Little Italy et Soho.

405 Manhattan depuis Brooklyn heights promenade.JPG  417 Quartier West Village.JPG  427 Quartier Little Italy.JPG

Manhattan, Soho, Little Italy

Et pour finir, un dernier tour de shopping pour dépenser les derniers dollars et dénicher un dernier jean. Toujours un Levis, mais à 30$! Cette fois ci, c'est sûr pour trouver moins, cela va être difficile.

MERCREDI :

Le départ est prévu en début d'après-midi. On se limitera donc à une ballade sur la High Line (une ancienne voie de chemin de fer aérienne aménagée) et la visite d'un musée consacrée aux Indiens d'Amérique.

 

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Depuis la High Line

 

Et voilà, c'est déjà la fin et le retour à la maison...

01/11/2011

Mardi 5h

Voilà, voilà, on est mardi. Il est très tôt. Et c'est l'heure de partir...

On a tout pris, enfin on espère. Nos chaussures de course sont à nos pieds, nos tenues dans nos sacs à dos qui viendront en cabine et tout le reste dans les valises.

(mon stress du moment, c'est mon passeport....).

YAPLUKA... de retour dans 10 jours!