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17/04/2015

Marathon Paris 2015

"Du courage pour commencer. De la force pour finir."

Je ne sais pas de qui c'est mais c'était dans le dos de plusieurs personnes que j'ai suivi pendant quelques kilomètres. Cette phrase m'a aidé à, justement, finir.

 

Avant cette course, je suis en déplacement pour le boulot depuis quelques jours. Pas le meilleur moyen de se préparer sereinement. Mais cette course étant prévue depuis longtemps, il est hors de question que je la rate! Alors, en vrai, la course a commencé dès le samedi :

  • samedi matin : boulot
  • samedi après-midi : retour à la maison (4h de voiture) + retrait dossard
  • dimanche : marathon + retour au boulot (encore 4h de voiture)

 

A en croire les principes "normaux", j'aurai du finir entre 4h13 (en considérant qu'en doublant la distance, la vitesse diminue d'1km/h) et 4h08 (en considérant 2 fois mon temps au semi + 5%). Beaucoup plus modestement, j'espérais un 4h40.

Alors pas la peine de se le cacher avec mes 5h03 et des poussières, je suis déçue. Ni le plan A, ni le plan B ne sont atteints.

paris.JPG

J'étais une des dernières à partir. Premières foulées en ce qui me concerne vers 10h15. Il fait déjà chaud. La descente des Champs Élysées est sympa. Bien large pas trop rapide. Super... Les premiers kilomètres sont faciles, normal pour un marathon. Quoique, je me trouve rapidement avec un point de côté. Un de ceux que je peux gérer tout en continuant de courir. Et heureusement parce que je l'ai gardé une bonne vingtaine de km.

Je passe au 10ème en bon état bien que la chaleur soit déjà importante. A ce moment là, je suis un peu en avance sur le plan A. A chaque ravitaillement, j'embarque avec moi une bouteille d'eau pour tenir sur l'intervalle à venir. Si j'avais été dans un parc à regarder les gens courir, j'aurais apprécié cette température. Mais moi, je suis en train de courir et il fait trop chaud!

paris2.JPGAu semi, je suis encore dans les temps du plan A. Mais de pas beaucoup. Et les choses commencent à se compliquer sérieusement. J'ai trop chaud, j'en ai marre des bananes. J'ai mal aux jambes. Le seul point positif, je n'ai plus de point de côté. C'est le début de la galère...

C'est mon troisième marathon, et pour la troisième fois, j'ai également une forme de black-out, une période de 10 kilomètres où je me souviens de choses mais sans avoir eu l'impression d'être acteur, juste un spectateur. Cela tombe bien car dans cet intervalle, c'était la combinaison de la partie des tunnels sur les quais de Seine et des mollets au bord des crampes. J'ai beaucoup marché dans cette période.

Au 30ème, le plan A est oublié, le plan B encore possible si j'arrive à relancer la machine. Mais, il faut se rendre à l'évidence, les crampes aux mollets sont trop proches pour me le permettre.

J'arrive à me remettre à courir au 35ème, lentement certes, mais je redémarre. Et je coure avec un décompte dans ma tête sur les minutes restantes avant la fin. Je n'arrête pas de me dire que c'est la fin d'une séance d'entraînement et que je suis capable de le faire parce que je l'ai déjà fait (ce qui est vrai mais pas en ayant déjà fait autant de km avant - bouh la menteuse). Ce qu'il y a de bien, c'est que cela marche.

paris1.JPGA 200m de l'arrivée, c'est le moment le plus fort pour moi : Chéri est là avec Choupinouroudoudou sur les épaules pour m'encourager. A ce moment là, j'ai la respiration qui se bloque et envie de m'arrêter pour chialer. Cela ne dure pas longtemps et ce serait dommage de ne pas finir en courant. Alors, je me décrispe et j'essaie d’accélérer pour les photos...

Fin en 5h03'48.

Déception car j'espérais mieux. Mais quand même record battu de vingt minutes.

Mon premier kif à l'arrivée : faire un gros bisou à choupinoudoudou tout content de revoir sa maman.

Mon deuxième : manger un kébab! (trop marre des bananes)

Cela ne transpire pas forcément dans ce récit, mais parmi mes 3 marathons, c'est celui que je ne referais pas :

  • pas d'ambiance (ou très peu) - difficile de passer après New-York
  • la beauté de la ville me laisse maintenant indifférente - ce n'est pas comme si c'était ma première course dans la capitale

Côté récupération, rien de dramatique : deux jours de courbatures aux cuisses et de douleurs sous les côtes correspondant à mon point de côté. Dimanche, je rechausse...

12/02/2015

Prépa marathon : en cours!

Je suis inscrite au marathon de Paris, c'est maintenant tout pile dans 2 mois.

Donc j'ai repris de manière sérieuse la route de l'entrainement. Et ça me mets en rogne de ne pas pouvoir faire ce que je veux...

Par exemple, cette semaine, je suis 3 soirs toute seule à la maison sans Chéri parti en déplacement. Du coup cela fait au moins une séance qui va sauter ou en tout cas être modifié. Ca m'éneeerve!!

Autre exemple : toujours pour cette semaine, allez savoir pourquoi je me suis inscrite à une course qui fait seulement 15 kilomètres. J'étais sensée en faire 19. On n'est que jeudi, mais je me pose déjà des questions existencielles de savoir comment je pourrais faire pour en faire 19. Alors que la réponse est plutôt facile à trouver.

Pour ce marathon, je ne suis aucun plan, juste des lignes directrices : 4 sorties par semaine dont :

- 1 sortie longue dont la distance augmente de 1km à chaque fois (d'où les (au moins) 19 de dimanche). Pour l'allure, j'essaie d'aller moins vite que ce que je pourrais faire normalement (et c'est très dur)=> Séance la plus importante qui ne doit pas être supprimée

- 1 sortie moyenne (environ 15km) de préférence le vendredi soir. Allure sans trop forcer => Séance importante aussi à essayer de garder

- 2 sorties plus courtes en semaine en fonction du temps disponible. Allure libre

Pour ces premières sorties, cela me donne donc :

  • Lundi 02/02 :       2h00   18.65km    9.3km/h
  • Mercredi 04/02 :   0h41     7.00km  10.2km/h
  • Vendredi 06/02 :   1h20   13.11km   9.8km/h
  • Dimanche 08/02 : 2h00   19.20km    9.6km/h
  • Mardi 10/02 :        1h01  10.30km   10.1km/h
  • Jeudi 12/02 :        1h10   11.87km   10.2km/h

J'en suis donc déjà à plus de 80km en ce (petit) mois de Février.

Tout va bien!

Je suis contente!

Je suis en prépa en marathon!

 

09/02/2012

Comment je suis tombée dans un piège...

Prenez un dimanche après-midi à la maison.

Moi, tranquille dans le canap', devant la télé, envie de rien faire, sauf de regarder les gens transis de froid dehors, me dire que ma sortie du matin était super, me dire que passer un peu de temps à la maison sans rien faire, c'est juste bien après plusieurs semaines consécutives en déplacement.

Chéri, devant le PC, à faire je ne sais quoi... quand tout à coup :

Chéri : 'On va à Berlin en Septembre? Je m'inscrit?'

Moi : 'Hein, quoi? Si tu veux, il reste des dossards?'

Chéri : 'Pas sur le site, mais en passant par bip, oui'

Moi : 'Hein, quoi? Tu te fous de moi là, t'as vu les prix? Faut pas déconner! Pas question de payer ce prix là pour un week-end (même prolongé) à Berlin'   [Quelques jours avant, on avait reçu une brochure avec des prix pour différents séjours]

Chéri : 'sreugneugneu'    [Il râle et boude]

...

Un peu plus tard :

Chéri : 'J'ai trouvé un autre TO, c'est moins cher, mais l'hôtel est pas en centre ville'

Moi : 'Tu as regardé lequel?'

Chéri : 'J'en ai trouvé un au hasard'

Moi : 'Cherches en d'autres, il y en a au moins une douzaine qui font ça!'

Chéri : 'sreugneugneu'    [Il râle et boude]

...

Un peu plus tard, je me dis que j'y suis vraiment allée un peu fort (et surtout connaissant sa dextérité devant un ordi), et qu'il boude pour de vrai... Du coup, je me retrouve à chercher moi-même les différents TO et à comparer les différentes prestations, prix, ... Finalement j'en trouve deux beaucoup plus raisonnable dans le prix (environ la moitié du premier) avec des hôtels situés en centre-ville. Chéri, forcément, retrouve le sourire. Il imprime les formulaires, les complète, me dit : 'tiens signe là'...

Et voilà comment du coup, du simple 'Je m'inscrit?' chériesque du début d'après-midi, on se retrouve à un 'Nous sommes inscrits'. Bon d'accord, c'est une inscription à l'issue de mon plein gré, mais ... c'est fait. Et même pris en compte puisque je viens de recevoir la confirmation du TO!

Du coup, je me retrouve inscrite pour mon 3ème marathon! Après Copenhague et New York, ce sera Berlin!

28/11/2011

Marathon de New-York

Et tiens, et si pour une fois , je commençais par le résumé de la course. Ce serait plus facile à retenir!

Alors cela donne :

1er semi : facile ; 25ème km : crampes ; 25 à 29km : alternance course/marche/étirement ; 29 à 38km : marche non-stop ; 38 à 42.2km : course.

 

Maintenant, que c'est dit, je peux aussi faire la version longue!

Cette histoire de marathon commence dès notre arrivée dans la ville. Partout, on voit des affiches. La ville se prépare!

017 Affiche marathon.JPG  295 Affiche marathon.JPG178 Affiche marathon.JPG  177 Affiche marathon.JPG

Lors du retrait des dossards, le vendredi, on se rend compte que c'est une grosse organisation bien rodée. Aucun hasard n'est laissé: il faut montrer patte-blanche pour rentrer, tout de suite on arrive au retrait des dossards, puis on est dirigé vers un autre stand pour recevoir le tee-shirt, le sac qui nous servira de consigne le jour de la course et plein d'articles publicitaires. Ensuite, le circuit naturel fait que l'on passe par un endroit 'photo' avec plein d'occasions : devant le parcours, devant une affiche, .... Ensuite c'est passage dans la boutique marathon et pour finir devant les stands des différents exposants. Il y a un monde fou partout. Tellement qu'on choisit de ne pas trop s'éterniser.

Le vendredi soir, c'est la parade des nations dans Central Park, au niveau de la ligne d'arrivée. Après de beaux discours des personnalités locales, chaque pays défile derrière un porte drapeau. La France est le pays le plus représenté, mais ce ne sont pas eux qui laissent la meilleure impression. Les 'mangas'/'sushis' japonais ou les brésiliens mettent beaucoup plus d'ambiance. Ce défilé des différents pays se termine par le même défilé mais des favoris dans les différentes catégories (pour une fois que je peux voir les 1ers des course!). Et pour clôturer le tout, on a le droit à un feu d'artifices au dessus de Central Park.

294 Delphine devant drapeau français.JPG

On est frigorifié, mais fier de poser!

Le samedi, on choisit de ne pas aller à la pasta party. Il faut respecter les horaires et on n'a pas les mêmes, Chéri et moi, et franchement qui serait intéressé par un échange pour aller manger des pâtes à 16h30, je vous le demande bien. Alors, on se fait une pasta party en duo. Enfin, on a essayé. Et on a raté. En adepte du principe, 'la veille du marathon, on n'en fait pas trop', on était rentré se poser tranquillement à l'hôtel en fin d'après-midi. En en ressortant, on avait l'impression qu'une tempête était passée dans la rue. Il y avait de la simili neige partout, les drapeaux devant Wall Street était déchirés, ... en fait, il y avait eu un tournage dans le quartier et tout avait été bloqué. Quand je dis tout, c'est tout. Plus aucun moyen d'atteindre les stations de métro, elles étaient toutes fermées. De grilles fermées en grilles fermées, je voyais l'heure passer et rien dans mon assiette. Déjà en temps normal, cela peut me fâcher, mais une veille de marathon, j'avoue que là, j'étais pas loin de l'explosion. Surtout qu'avec tout ça on continuait d'avancer, vers je ne sais où sans aucune certitude de ce que l'on trouverait. Et que l'on ne devait pas être les seuls dans ce cas. Et qu'un samedi soir, les New-Yorkais, ils sortent. Au resto notamment. Alors quand dans une petite rue, on a vu un panneau 'pasta', on ne s'est pas trop posé de questions et on est rentré. Mais de pasta, rien, que dalle. Uniquement des pizzas. Ce n'est pas forcément l'idéal, mais entre une pizza assurée et de très hypothétiques pâtes, le choix a été vite fait. Donc pizza!

L'estomac plein, j'ai passé une bonne nuit. Il paraît quand même que j'ai dû faire une bonne partie du parcours durant la nuit, mais bon, j'ai bien dormi. Et heureusement, parce que le réveil à 5h, c'est rude. Mais sur cette affaire là, il n'y a pas trop d'autre choix : le pont d'accès à l'île du départ est fermé à 7h, alors c'est tout le monde dans le car pour 6h. L'hôtel nous a préparé un petit dej' à emporter : un grand n'importe quoi pour une avant-marathon (une bouteille d'eau, une bouteille de jus d'orange, un croissant et une banane). Mais c'est quoi ce petit dej'? Je pars pour 42km, pas pour une petite balade de santé...

Le car nous a déposé au niveau de départ vers 7h30. Chéri part dans 2h, il doit être dans son sas dans 1h30. Tout s'enchaîne et finalement assez vite. Surtout que le soleil est là, même s'il ne fait pas très chaud, quoique pour un mois Novembre, c'est très bien. Le temps d'une photo, d'un bagel, d'un tour de reconnaissance, de quelques chansons d'un groupe de rock local et ... il est déjà temps de se séparer.

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Chéri part dans la première vague à 9h40, moi dans la troisième à 10h40 (en tout il y en aura trois).

Chaque vague est divisée en trois couleurs : les verts (dont moi) partiront sur le tablier inférieur du pont Verrazano, les bleus et les orange du dessus, chacun d'un côté de la route.

Et dans chaque couleur, c'est encore divisé en corral. Au final chaque corral est formé de gens ayant annoncé une performance équivalente, pas de piétinement au départ, pas de bousculade. Une super bonne organisation, quoi!

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Les trois départs

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Les trois vagues avant regroupement

En partant dans la troisième vague, c'est comme si j'avais vécu trois départs. Pour le premier, je suis dans l'aire dédiée 'aux verts' au pied du pont. Et bien que je n'entende pas tout, je saisis quelques bribes de Sinatra, et surtout, j'entends les cris des premiers qui s'élancent et vois même ceux proches du bord du pont. Voilà, c'est parti. Chéri est parti, à lui de jouer, on y est...

Pour la deuxième vague, je suis en train de me diriger vers mon corral, et c'est sur écran géant que je la vois s'élancer. Et là plus de doutes, ce ne sont pas des bribes de Sinatra que j'entend, c'est toute la chanson et en boucle le temps que la deuxième vague en entier s'élance.

Et pour le troisième départ, et bien... je suis dedans. C'est encore une autre histoire là... Corral 63. Un peu devant moi, il y a un meneur d'allure 5h. Pas très loin à côté, une meneuse d'allure 5h15. Je n'ai pas de tactique, je ne sais pas trop comment faire. La meneuse d'allure a l'air sympa, elle s'est présenté, expliqué ce qu'elle allait faire. Finalement, je me décide à rester avec elle. Si je fais 5h15, je serai aux anges. Alors, j'espère que ce petit bout de femme deviendra ma meilleure amie pour les 5h et quelques à venir. Alors la tactique, c'est de faire du 12' au mile, 11' en courant / 1' en marchant. J'ai jamais testé cette méthode, je marche souvent en course, mais jamais parce que je l'ai choisi, toujours parce que je n'en peux plus. On va bien voir ce que cela donne.

A 10h40, c'est parti pour du Sinatra en boucle, c'est le départ. C'est mon départ, c'est magique. Je cours sur le bord de la chaussée, Sinatra dans une oreille, les coureurs dans l'autre, les yeux sur Manhattan au loin. Cela monte sur le pont, ah bon? Rien vu, rien senti. De toutes façons, j'ai choisi, je reste avec Sarah. Au bout d'un mile comme prévu, on marche une minute puis on repart. Elle est marrante Sarah, elle est toute petite et sa voix aussi est toute petite. Alors elle crie pour se faire entendre et elle lève ses ballons bien haut pour que ceux qui ne l'entendent pas, puissent au moins la voir. A chaque fois qu'il y a un changement de rythme, elle fait le décompte : five, four, three, two, one... Et puis elle fait aussi les guides touristiques, enfin un peu, car avec sa petite voix, elle a du mal à dominer la situation des fois. Mais Sarah, elle me plaît bien. Et puis, avec elle je courre régulièrement et sans effort. Et même si des fois, j'ai des velléités d'aller plus vite quand je m'oublie, j'essaie de garder un oeil derrière moi pour suivre son rythme.

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Sarah et son groupe 5h15 (elle en blanc sous ses ballons verts, moi plein centre juste sur le b)

Le pont, comme je l'ai déjà dit, je l'ai pas senti passer. Un mélange à la fois d'excitation, d'envie d'en découdre, de fraîcheur et de quoi que ce soit d'autre mais cette difficulté qui est la principale en dénivelé de la course passe comme une lettre à la poste. Sur ce pont, on est entre coureurs, entre nous. Le temps de rentrer dans Brooklyn, et ce n'est déjà plus le cas : il y a du monde partout qui encourage. Cela en est étourdissant (et encore, on a pas tout vu)! A tel point qu'à un moment, je me suis dit que je ne pourrais plus jamais faire de courses en France, car elles me sembleront ternes par rapport à ce que j'étais en train de vivre.

On passe au 10ème kilomètre en 1h13, c'est lent, mais Sarah respecte bien son tableau de marche et moi avec elle. Tous les miles, il y a un ravitaillement et tous les miles on s'arrête. A chaque fois, je bois un peu, comme Sarah le dit...

Dans les miles qui suivent, j'ai les jambes qui me démangent. Inconsciemment, j'accélère un peu. Pas beaucoup, mais un peu (je me suis entraînée à un rythme plus élevé). Je me retourne souvent, parce qu'il est aussi clair que je ne me suis jamais sentie aussi bien en course, j'évite de trop prendre d'avance. Et je marche tous les miles, un peu plus qu'une minute en attendant que Sarah (et son groupe) me récupère. Durant ces périodes où je suis un peu devant en éclaireuse (pas plus de 50m, je ne prend pas non plus une avance mortelle), j'en profite à fond. Les coureurs sont moins nombreux et avec mon France écrit sur mon tee-shirt, je prend un tas d'encouragements de tous les côtés. Je tape aussi un nombre incroyable de mains.

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Dans les moments où je me dis que je ne pourrais pas continuer jusqu'à la fin comme ça, qu'il faut que je me calme, je n'ai pas d'autre solution que d'aller sur le milieu de la chaussée pour me reconcentrer un peu. Il y a des supporters, des encouragements, de la musique et une ambiance incroyable qui font que je ne peux pas résister longtemps et que le bord de chaussée m'attire comme un aimant.

Le passage au semi se fait en 2h37. A ce moment là, Sarah, nous dit que l'on a 40" d'avance sur notre objectif. Bravo Sarah, c'est toi la meilleure! Moi, je vais toujours bien, j'ai un peu les jambes qui piquent maintenant. Les démangeaisons sont passées, elles piquent. D'un autre côté, je viens quand même de faire 21km et je n'ai jamais été aussi en forme après une telle distance.

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Au passage du semi (je suis sous le chronomètre de droite, Sarah & co doivent être un peu devant).

Au passage du semi, je crois que je fais une erreur. Depuis le début, je papillone de droite et de gauche (je ne zig-zague pas, mais il y a tellement de choses à voir que je ne suis pas toujours attentive), et là, je rate le redémarrage de Sarah. Quand je m'en rends compte, je dois avoir une centaine de mètres dans la vue. Ce n'est pas vraiment catastrophique, surtout que je ne vais pas mal. Je ne m'affole pas, je me contente juste de repartir en me disant que je profiterai du prochain arrêt pour rattraper le groupe. Effectivement, c'est ce qui se passe, je zappe donc une pause. Est ce que cela explique la suite? Peut être ou pas, difficile de savoir.

Vient ensuite le Queensborro Bridge. Ce pont dans l'absolu, il n'est pas très difficile. La montée n'est pas pentue mais longue et à ce moment là, on a déjà un paquet de km dans les jambes. C'est aussi un moment plus intimiste: il n'y a pas de spectateur et les seuls bruits sont ceux des respirations et des foulées sur le bitume. Pour cette montée, je me suis reconcentrée en regardant devant moi mes accolytes d'allure pour ne pas les laisser. Sarah a ralenti un peu et tout le monde la suit. Je suis tellement concentrée sur ce fameux pont et sa réputation de casse-pattes qu'il faudra que je vois des gens s'arrêter pour prendre des photos pour que je me rende compte que le panorama est tout simplement à tomber par terre.

Finalement, la montée passe sans trop de bobo, j'ai les jambes qui piquent toujours, mais je l'ai faite sans marcher. Et puis, vient la descente.

Et puis arrivent les crampes. Là, d'un seul coup, sans vraiment prévenir autrement que le picotement que j'avais depuis quelques km et qui était très largement supportable. La descente est assez raide, beaucoup plus raide que la montée. Et je suis obligée de marcher. Dans une descente. Alors que j'ai fait la montée en courant. Même en marchant, j'ai l'impression que mes quadriceps veulent rester en position contractée. Je dois laisser partir Sarah... et beaucoup d'illusions avec. La route est encore longue (il reste 17km encore).

Je m'arrête pour la première fois pour m'étirer. Il y a des toilettes aussi à proximité, j'en profite aussi depuis le temps qu'il fallait que je le fasse. A cet endroit de la course, on revient dans Manhattan, il y a plein de monde et j'ai tout simplement envie de creuser un trou de me mettre dedans et de reboucher. Mais bon, j'en ai déjà fait un de marathon, je peux le faire, je le sais, alors je continue. J'essaie tant bien que mal de repartir en courant en me disant que je vais essayer d'appliquer la méthode de Sarah. Seulement, je n'ai pas de chrono avec moi, j'ai les cuisses qui ne répondent plus. Alors pendant quelques km, j'essaie mais n'y arrive pas trop. J'alterne la course, la marche, les étirements. A chaque ravitaillement, je bois un peu d'eau, un peu de Gatorade, je mange un peu aussi.

Finalement au bout de 4km à ce rythme, je me dis qu'il faut mieux que je laisse tomber la course et que je continue d'avancer. Même en marchant. C'est pas très grave. Je me résigne même à tout faire en marchant, c'est pour dire. J'envoie un SMS à Chéri qui doit être arrivé, j'aimerai bien le voir, il a juste Central Park à traverser, mais non, soit il ne comprend pas, soit il est trop fatigué pour venir.

Et il y a toujours autant de monde, c'est dingue. Je ne sais pas depuis combien de temps ils sont là sur le bord de la route, mais ils y sont encore, toujours enthousiastes à encourager tout le monde. Moi, j'ai un peu honte de marcher alors je le fais au milieu de la chaussée, loin de tous. J'ai un peu honte, mais je suis aussi super contente d'être là. Enfin, c'est bizarre comme sensation, et c'est loin d'être totalement négatif. Je profite à fond aussi de cette période, même du milieu de ma chaussée pour regarder les autres. De toutes façons, plus ça va, plus il y a de gens qui marchent. J'assiste à de grandes retrouvailles sur le bord de la route de gens venus encourager leur champion qui est en train de courir le marathon de New York. Pourtant, ils sont comme moi, en mauvais état à ce moment là, mais leur joie d'avoir embrassé leur proche leur fait un effet fou et à moi aussi en conséquence.

Finalement, à force de petits pas, la fin s'approche quand même. Les cuisses tirent moins. J'arrive à me convaincre que recourir doit être possible. Et je me fixe comme objectif de terminer en courant. Je me rappelle toutes ces sorties longues où je me forçais à aller au bout en me motivant à grands coups de 'tu veux marcher dans la dernière ligne droite? Non! Alors tu finis ta séance!!'. Et ainsi, je rentre dans Central Park en courant, il reste 4km. C'est rien, mais c'est aussi énorme. Je me surprend à avoir de bonnes sensations, je me trouve même les jambes légères. C'est dire. Et je coure!

La première partie dans Central Park est assez chahutée, ce n'est pas vraiment plat, ni en ligne droite comme avant. Beaucoup de personnes marchent. Et moi, je coure! C'est assez grisant de recourir et de dépasser des gens. Je ne m'arrêterai qu'une fois pour embrasser une dame qui dit que c'est son anniversaire et qu'elle veut être embrassée ('I love sweaty French girl' seront ces mots de remerciements. Humm, comment je dois le prendre?).

La deuxième partie, en extrémité du parc est encore une fois à tomber par terre au niveau ambiance. On se croirait sur une étape du tour de France au sommet d'un col. Il y a du monde, du bruit, de l'ambiance... On tend une fois la main pour taper dans une autre et tout de suite des dizaines d'autres se tendent. Là, je n'ai plus du tout envie de courir au milieu de la route. Je suis en train de courir mes km les plus rapides du marathon, je suis complètement ... ailleurs, dans un état totalement second.

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Et puis la fin arrive vite. A force de taper dans des mains, à regarder à droite et à gauche, les kilomètres ne pèsent plus sur les jambes. A la limite, c'est dommage, j'aurais pu en faire quelques autres en courant...

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Je ne suis pas satisfaite de mon temps, mais tellement satisfaite de la course que tout le reste m'importe peu.

Après avoir franchi la ligne d'arrivée, on me donne ma médaille et j'ai le droit à mon premier lot de "congratulations". Je passe ensuite à l'arrêt photographe pour une chouette photo officielle.

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Ensuite, il faut terminer le circuit obligé : couverture de survie, sac finisher avec de quoi boire/manger, récupération des affaires personnelles... C'est lent, c'est long, il y a du monde et rester debout me deviens d'un seul coup très pénible. J'ai la désagréable impression que mes jambes veulent passer au travers de mes pieds tellement ils me font mal....

Mais à côté de ça, l'organisation de la course est encore géniale, les "congratulations" pleuvent de partout.

Finalement, j'arrive à m'extirper de tout ça, à retrouver Chéri qui aura été trèèès patient et qui est tout aussi content que moi de la course (et qui se fout aussi royalement que moi de son temps).

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Nos premiers mots échangés sont simples : Quand est ce que l'on revient?

 

Oui, c'est vrai, quand est ce que l'on y retourne?