01/06/2010
Voilà c'est fini! (3ème partie : La course)
La course :
C'est bizarre, au niveau de la course, j'ai des pans entiers de kilomètres dont je ne me souviens pas, pourtant je les ai tous fait, j'ai même topé mon chronomètre plutôt régulièrement, mais le cerveau est souvent passé en mode "off"...
Le départ est surprenant, tous les gens autour de moi courent sur le même rythme que moi. C'est l'effet marathon ou bien c'est la conséquence du respect des danois pour les règles avec chacun qui s'est mis à sa place dès le départ en fonction des ballons?
Je pars assez loin derrière les meneurs d'allure 5h, constate rapidement que ma gorge va plutôt pas mal, que j'ai pas l'impression d'avoir la tête comme une pastèque, que le soleil n'a pas l'air décidé de se montrer bien vigoureux, mais que j'ai mal aux tendons d'achille! Cela fait trois semaines que systématiquement ils me font mal, mais que cela se calme assez rapidement.
Premiere partie : tout va bien
Le premier km est fait en 6'18. C'est trop rapide, mais je vais vite me calmer. Petit à petit, je rattrape mon retard sur les meneurs d'allure et me sert d'eux pour ne pas aller trop vite. Je les rattrape au 4ème, ils me redoublent au 5ème à l'occasion du ravitaillement, où je prends plus mon temps qu'eux. C'est ma stratégie : je marche à tous les ravitaillements pour bien boire et m'alimenter et surtout pour récupérer un minimum. Je redouble les meneurs d'allure au 7ème et prend petit à petit de l'avance sur eux, pas beaucoup, mais je coure à mon rythme légèrement devant eux en me retournant régulièrement pour voir où ils en sont. Je n'aurai jamais plus de 200m d'avance sur eux.
Je fais les 10ers km en 1h07'30. Je suis dans les temps pour 5h (même si je ne pense pas y arriver), jusque là tout va bien. Déjà un quart de passé! Comme les jours précédents, on a traversé la ville en long, en large et en travers, j'arrive encore assez bien à me repérer, à reconnaître les endroits, ce qui fait passer le temps. Seul point négatif, y'a un p**** de vent qui se lève. Et qui a la facheuse tendance de souffler toujours de face. Si j'étais en train de m'entraîner à la maison, j'aurai arrêtée la séance, c'est pour dire, mais bon, je ne suis pas à la maison, je coure mon premier marathon, alors je ne dis rien et je continue.
Deuxième partie : quelques problèmes de calculs?!
Pour la deuxième portion de 10km, je mets 1h11'30. Ma vitesse a réduit un peu, sans que je m'en aperçoive vraiment. Je commence à perdre en lucidité : au 17ème, j'ai voulu compter combien de km il restait à faire. Premier résultat : 15. chouette, j'ai bientôt fini! Mais après je réfléchis un peu, et non ce n'est pas possible, c'est plutôt 25!
25 : c'est plus que je n'ai jamais couru en une seule fois, et j'en ai déjà 17 de fait. A ce moment, j'ai senti les larmes me monter aux yeux, mais comme toutes les fois suivantes où cela m'est arrivé, elles n'ont pas voulu sortir. J'ai essayé, j'ai voulu pleurer pensant que cela me soulagerait, mais j'ai pas réussi...
Le vrai point positif à retenir de cette portion, c'est que je n'avais jamais jusqu'à maintenant couru en course aussi longtemps sans me mettre à marcher ailleurs qu'au ravitaillement. Je suis vachement contente de cela, vive les sorties longues!
Troisième partie : où rien ne va plus
Et puis arrive le ravitaillement du 22ème : je me sers comme d'habitude, prends le temps de boire et de manger. Mais ensuite, impossible de repartir! Tout me tombe sur la tête en même temps : les meneurs d'allure 5h me doublent, on se trouve dans LA côte du parcours (en réalité, c'est juste un pont!), je viens de dépasser la plus longue distance que j'ai jamais faite en course, et surtout, l'hôtel est là avec son lit bien confortable a à peine 100m!! Mon dieu, que c'est dur de le voir juste là! Heureusement, la descente du pont et la route qui tourne m'aident à repartir.
Et le plus difficile mentalement reste encore à venir. Au 24ème, on passe devant l'hôtel. Mais vraiment devant. Il me suffisait de tourner à droite, de faire 10m et j'étais à la réception, encore 50m et j'étais dans mon lit. Mais à ce moment là, les femmes belges que nous avions rencontrées ce matin étaient là, m'ont reconnue et encouragée en français. Qu'est ce que cela fait du bien! Là aussi, j'ai pensé que j'allais pleurer, mais non pas de larmes, je garde mon eau!
Cette troisième partie est faite en 1h21. Mon mur du 30ème m'a frappé dès le 22ème! Jusque là, je tournais en moins de 7' au km sans ravitaillement, maintenant je serai toujours au dessus. Je commence aussi à intégrer des pauses marche hors ravitaillement. J'ai horriblement mal aux plantes de pied, le reste va plutôt bien ... vu les circonstances. Mais après chaque arrêt, les reprises deviennent de plus en plus difficiles, et en conséquence, les arrêts de plus en plus longs.
Quatrième partie :
Pas beaucoup de changement pour cette partie. J'ai toujours mal aux plantes de pied. Je sens des crampes arriver dans les mollets, alors je modifie ma foulée, la raccourcit encore (si c'est possible) pour les soulager. Mon esprit est totalement à l'ouest, je focalise sur une fille avec qui l'on se double régulièrement en fontion de nos arrêts marche, elle semble aussi souffrir des mollets. La seule chose vraiment consciente que je garde à l'esprit, c'est le décompte des km. Au 35ème, plus de doute pour moi, j'allais finir. C'est une sensation bizarre, ce que je ressent, je suis complètement détachée de mon corps...
Et dans cette partie, j'ai eu faim. Pas une fringale, juste faim. Cela faisait 7h que je n'avais pas fait de repas et mon estomac voulait manger, pas juste un morceau de banane tous les 4km, non un vrai repas avec de la viande, des légumes, du pain...
Cette partie est faite en 1h26'00...
La fin : enfin un peu d'énergie et de souvenirs
Au quarantième, je veux faire toute la fin en courant sans m'arrêter. Pas facile, je suis complètement épuisée, mais j'y arrive. Et pourtant, il y a de nouveau un pont à traverser, et surtout ce p**** de vent en pleine face pour les 500 derniers mètres. Comme toute fin de marathon qui se doit j'essaie de sprinter sur la fin, mais cela n'est pas flagrant. Sur la vidéo de mon arrivée, je donne au moins l'impression de courir, c'est déjà pas mal.
Chéri est présent dans les derniers mètres (il est déjà arrivé et douché et venu me récupérer), j'arrive à lui faire un petit geste de contentement, mais comme il n'est vraiment pas doué avec l'appareil photo, il n'immortalise pas l'instant. Tant pis!
Arrêt du chrono : 5h23'02
A suivre...
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31/05/2010
Voilà c'est fini! (2ème partie : Juste avant - le départ)
Avant la course :
On est dimanche matin, 6h30, le réveil sonne. Pouah! J'ai juste envie de lui donner une claque, de me tourner dans le lit et de dormir quelques heures de plus. Mais Chéri est là pour m'en empêcher. Lui est déjà tout excité et m'attend... Ce matin là, l'hôtel a ouvert les portes du petit dej' plus tôt, rien que pour les coureurs. Par contre, ils n'ont rien changé à sa composition. Je me contenterais donc de pain, d'un peu de jambon blanc et d'une salade de fruits. Par curiosité, je regarde les assiettes des autres, mais à part une boisson chaude, cela ressemble beaucoup à la mienne. Les frites n'ont pas beaucoup de succès ce matin.
Ensuite, c'est retour dans la chambre, habillage et recouchage... L'hôtel est à 500m de la ligne de départ, alors profitons-en!
Sur le trajet vers la zone de départ, on croise un groupes de belges : les hommes courent, les femmes encouragent. Je les reverrai plus tard et cela a son importance.
Sur la ligne de départ :
On fait le tour pour voir un peu comment cela se présente : pas de sas, juste des temps matérialisés par des ballons. Et des toilettes, pleins de toilettes, avec des gens qui attendent sagement leur tour devant. A H-15, je me dis que quand même, j'y ferais bien un petit tour. quand j'en ressort, j'entends des applaudissements, mais le danois qui les accompagne ne m'éclaire pas trop sur le sujet. Alors je pars dans le troupeau attendre le départ. Mais oupsss, c'était ça le départ, c'est l'écran géant qui me le montre, y'a déjà des gens qui courrent! Je franchis la ligne de départ (et d'arrivée) au bout de quinze minutes, c'est qu'on est un peu plus de 9000.
Et là surprise : pas de sacs poubelles, pas de vieux tee-shirts qui traînent et surtout pas de bouteilles remplies d'une substance jaune dont je préfère ignorer la composition. Rien, rien du tout sous nos pieds hormis le bitume. Cela fait tout drôle, je suis plutôt habituée à devoir faire du saut de haies en début de course. Les danois seraient-ils plus propres que les français?
A ce moment, et même si j'ai été très cool jusque là, j'ai une grosse boule d'appréhension qui vient se placer dans l'estomac. Mais qu'est ce que je suis venue faire ici? Est ce que je vais finir (car c'est bien là mon principal objectif) et dans quel état? Faut dire que depuis quelques jours, je suis malade : gorge prise, mal de tête dès le réveil et fièvre. D'ailleurs, la veille, il m'est même traversé l'esprit de ne pas partir si mon état ne s'améliorait pas : je ne me voyais pas courir sous le soleil pendant 5h avec en plus un handicap au départ. Le plus bizarre quand je disais ça à Chéri, c'est que cela ne me faisais rien, comme si j'étais devenue un trou émotionnel, comme si je ne me préparais pas depuis des lustres pour le faire. La seule dont j'avais envie, c'est que cela se fasse, avec ou sans moi, pour pouvoir passer à autre chose. Cette préparation m'a complètement usée moralement : elle était trop longue et trop contraignante. Et pourtant, je ne pense pas qu'il faille faire moins en durée, mais je me suis sûrement forcée à trop bien faire, à tout bien suivre et cela a entraîné de la lassitude chez moi. Alors vivement que cela soit fini!
A suivre....
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30/05/2010
Voilà c'est fini! (1ère partie : La prépa)
C'est difficile, je ne sais pas par quoi commencer... Cela fait deux semaines et demi que je n'ai rien écrit et pourtant, il s'est passé plein de choses pour moi : des vacances et donc ce fameux premier marathon!
Cela fait une bonne semaine que j'essaie de trouver une bonne approche pour le raconter mais je n'y arrive pas, surtout que pendant la course j'ai du passer le cerveau en mode "off" parce que je n'ai pas beaucoup de souvenirs...
Allez, c'est parti!!
Fin de prépa :
Les trois dernières séances ont été bien courtes : 35' avec un peu plus de 5km pour chacune et des sensations bien différentes. Une vraie cata à J-9 pour la première avec un coeur qui montait, mais montait... Heureusement qu'il y avait plein de routes à traverser et donc des arrêts car sinon, j'aurais pu exploser. La deuxième à J-7, nettement mieux, à Aalborg dans un parc à proximité d'une salle de spectacles où se produisait Mireille Mathieu le soir même. Et la troisième, à J-5, parfaite en bord de mer à Aarhus, j'ai même réduit la durée parce que je n'arrivai pas à me ralentir.
Comment ça, j'ai cumulé les erreurs en fin de semaine?
D'abord côté alimentation. Pas évident de contrôler quand on n'est pas chez soi. Alors, j'ai essayé au début de la dernière semaine de ne pas manger de glucides. J'ai essayé. J'ai réduit en tout cas. Le petit dej' danois n'est vraiment pas adapté à cela. La période 'gavage en glucides' a été nettement plus facile. Il y a des sortes de pain là-bas, ah!, à tomber par terre. Et on a réussi à manger des pâtes la veille au soir qui ne baignaient pas dans une sauce.
Ensuite côté activité. En vacances, on ne va pas rester à faire de la chaise longue. Non? Même si l'on prépare un marathon... Alors la petite ballade en ville de J-2 qui s'est transformée en une traversée aller-retour de la ville à pied, cela ce n'était vraiment pas raisonnable. De monument en monument (on va voir la bibliothèque, maintenant que l'on est là on va voit la 'Marmem Kirken', il est presque midi, on pourrait aller voir la relève de la garde au palais royal, la citadelle et la petite sirène sont juste à côté, on y va?, c'est pas le coin du retrait des dossards?...). Si j'en crois openrunner, on a du faire dans les 17km, et encore sans compter les rues dont je ne me souviens pas. Et tout ça, à pattes! Pour J-1, on a allégé la dose, juste un peu de marche, un peu de vélo et un tour en bateau.
Et alors? le marathon?
Le retrait des dossards, nickel, en 10 minutes c'était fait. On avait la carte qui nous avait été envoyée à la maison pour ça, pas besoin de pièce d'identité ou de certificat médical. Le village marathon ne nous a pas fait beaucoup d'effet, trop de danois dans le texte. Et le danois n'est pas une langue très conviviale. Et les courses locales ne nous intéressent pas vraiment... elles sont sûrement très bien, mais bon.
Et puis voilà, y'a plus qu'à se préparer, tout est là, le dossard, la puce, le tee-shirt, les temps de passage!
A suivre ....
09:40 Publié dans Compèts (même à mon niveau c'en est) | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27/04/2010
Semi-contente ou semi-pas contente?
Et bien je ne sais pas! Mais faisons les choses dans l'ordre, commençons par le CR avec un petit retour en arrière de 48h.
Donc Dimanche matin, il faisait beau, il faisait chaud du côté de la Lorraine. Et même si la veille, je n'étais pas très motivée (cette prépa marathon commence à me peser grave sur le moral), le fait de voir un peloton multicolore m'a reboostée un peu. Pour le départ, je me place en fin de peloton comme d'hab. Je pars à un rythme confortable pour moi, sans trop me soucier du chrono, tout à la sensation. Quand je le regarde pour la première fois, c'est au passage du 3ème km, jy suis en 18'30. Oupps!!, j'ai déjà 2'30 d'avance sur mon allure marathon envisagé. Mais comme j'ai decidé d'y aller à la sensation, je continue tout en conservant un rythme confortable. En plus, à ce moment là, on traverse le centre ville de Metz, c'est une partie assez sympa à l'ombre des habitations.
Je passe au ravitaillement du 5ème en 31', c'est toujours trop vite! Je me mets à marcher pour boire un peu, je n'ai pas encore soif mais le soleil chauffe alors je prends les devants.
Entre le 5 et le 10, je discute avec des locaux et je prends une leçon de culture en passant devant le futur musée d'art contemporain de Metz (ouverture en mai) avec la "machine à caca" (...) et avec un monsieur d'un certain âge qui me parle marathon de Tokyo. J'arrive au 10ème en 1h01'30. Je n'ose même plus faire le bilan, mais je suis allée vraiment trop vite... mais d'un autre côté, je suis super confortable au niveau rythme.
Sauf qu'au 10, c'est la grosse cata, et pas que pour moi : Y'a plus d'eau au ravitaillement!!!!!!!!! Seulement quelques quartiers d'orange et du sucre. Les oranges, cela ne me réussit pas et du sucre sans eau, c'est pas possible. A ce moment là, je prends un gros coup sur la tête, il fait chaud, on est dans une portion en plein soleil, j'ai soif, j'ai le moral qui descend au 36ème sous-sol, j'imagine déjà le scénario catastrophe en me voyant allongée par terre en train d'agoniser au soleil, ect, ect ...
Je garde le rythme mais pas très longtemps, je n'y suis plus du tout, c'est fini. Je passe mon temps à guetter les bouteilles par terre pour voir s'il n'y resterai pas quelques gorgées. Quelques riverains proposent de l'eau, mais c'est déjà trop tard pour moi, je lâche complètement à la fois dans la tête et dans les jambes.
Au ravitaillement du 15ème, il y a de quoi boire, mais c'est rationné. Je prends un 1/3 de bouteille sur la première table, la bois, prends un autre 1/3 sur la deuxième table, la bois aussi, repart, puis fais demi-tour pour en prendre encore une autre. Et en repartant, je me rends compte que j'ai trop bu, j'ai des hauts-de-coeur qui me donne envie de vomir (même si je n'ai pas vomi), et la suite du parcours se fait avec une impression de vagues et de marées dans l'estomac.
En plus, le parcours est monotone sur la deuxième partie du parcours entre des traversées de zones industrielles et de zones pavillonaires. Cela ne permet même pas de passer le temps de manière plus agréable. Les clappotis dans mon estomac finissent quand même par s'estomper un petit peu et je ne sais pas si c'est lié ou pas, mais je retrouve mon rythme du départ sur le dernier km ... après avoir vu un type au niveau du panneau 20 allongé par terre avec la sécurité civile à ses côtés.
Au final, je bats quand même mon record d'environ 4', ce n'est pas rien. Mais bon, je suis déçue sans trop savoir pourquoi : j'ai fait ce que j'ai pu, mais j'ai complètement abandonnée au milieu. En abandonnant comme je l'ai fait, j'ai quand même battu mon record. Je tourne en rond dans ma tête...
2h22'32 (temps puce) 21,1km 8,9km/h
Et le bilan dans tout ça :
- je me demande s'il faut que je prévois une réserve d'eau de secours pour le marathon : la porter me soulera, mais d'un autre côté, si cela permet de pallier à des solutions d'urgence...
- je n'ai jamais couru à l'allure marathon que je vise ... et pourtant en moyenne sur tout le parcours, j'y suis à peu près! Ce qui est dommage, c'est qu'à l'entraînement, c'est une allure que je trouve tout de suite.
- j'ai validé mes habits et mes chaussures.
- Chéri m'a dit que le parcours était difficile avec pleins de faux-plats et de relance. Ah bon? Pas vu! En tout cas, à chaque fois que je me suis mise à marcher, ce n'était pas à cause de cela. [Lui aussi bat son record, mais d'une toute petite poignée de secondes].
- Pas de courbature, ni de douleur quelconque, juste quelques marques de bronzage pour ma première sortie en short de l'année.
Et hier, j'ai fait un petit footing de décrassage, seul problème, des genoux légèrement douloureux comme si ... je venais de courir un semi-marathon :
45' 6,57km 8,8km/h (tiens, tiens, mon allure marathon que je retrouve!)
16:12 Publié dans Compèts (même à mon niveau c'en est) | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

