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26/11/2012

La semaine dernière à la même heure...

... j'étais tranquillement installée sur le canapé devant le policier du lundi. Tout allait bien...

Pourtant au moment de me lever pour aller me coucher, il y a eu comme un problème. Et 1 heure plus tard, il y a eu comme un autre problème. Et là, même si je pensais, ou non, plutôt je voulais penser que c'était une fausse alerte, on a fait route pour la maternité. Lors du dernier cours de prépa à l'accouchement que j'avais fait, la sage-femme nous avait parlé des bonnes et des mauvaises raisons d'aller à la maternité. Fissuration de la poche des eaux, contractions douloureuses, perte du bouchon muqueux et 6 semaines trop tôt. Les bonnes raisons étaient nombreuses et pourtant je ne voulais pas y croire. A tel point que l'on est parti avec bien peu de choses. Je pensais que l'on allait juste faire un aller-retour et que je terminerai la nuit dans mon lit. Grave erreur de jugement.

A mon arrivée à la maternité, j'ai été prise en charge et auscultée aussitôt par une sage-femme. Il était minuit. "Vous êtes à 3cm, vous allez accoucher aujourd'hui. Vu la vitesse à laquelle cela va, dans 4h cela devrait être fini". Elle a mis beaucoup plus de tact dans sa réponse, mais je n'en ai retenu que ça :"Vous allez accoucher aujourd'hui".

C'est trop tôt. Beaucoup trop tôt. Je sentais que j'en aurais bientôt assez, mais j'étais capable de porter mon loulou encore quelques semaines sans me plaindre.

L'accouchement en lui-même s'est super bien déroulé, comme dans un rêve. Moi qui m'en faisait toute une montagne de ces fameux moments. Finalement, cela n'aura pas été la partie la plus dure.

Le plus difficile, aura été juste après. Quand après m'avoir confié mon loulou pendant 5', on est venu me le reprendre car il était en détresse respiratoire. Je l'ai revu 3h plus tard branché à un respirateur, avec une perfusion et des électrodes de partout. Juste après il a été transféré dans une maternité plus à même de le soigner et surveiller. Son papa l'a suivi et a fait de son mieux pour me donner des nouvelles tout au long de la journée. Mais ce n'était pas pareil.

Le mercredi, j'ai pu bénéficier d'un aller-retour en ambulance pour aller le voir. Et malgré le masque pour l'aider à respirer, la perfusion, la sonde gastrique et les électrodes, il allait mieux.

Tellement mieux que le jeudi en fin d'après-midi, il a pu être retransféré dans la maternité d'origine, plus prêt de moi et de la maison.

Depuis de petits progrès en petits progrès, il devient plus fort. Il a commencé par apprendre à respirer sans aide, d'abord sur de petites périodes puis finalement à temps plein. En ce moment la grosse étape, c'est d'apprendre à téter un biberon entier. On n'y est pas encore, la fatigue le gagne très vite et il finit toujours par s'endormir avant la fin. Mais de 2ml vendredi, il en est maintenant à 20ml. Pour le reste, c'est par la sonde gastrique que cela passe.

Il restera en néo-nat encore au moins une dizaine de jours. Le temps pour lui de vieillir, de grossir et d'apprendre à téter. Pour nous, ses parents, d'apprendre justement à en devenir des parents. Moi pour l'instant, je n'ai pas l'impression d'être une maman. La faute à cette absence et à cette chambre vide devant laquelle il faut passer à chaque fois que l'on se rend à la maternité pour nos visites bi-quotidiennes.

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Géraud, 2.270kg, 43cm, né 6 semaines trop tôt le 20/11 à 4h15